Rencontre avec la réalisatrice Sophie Fillières

A la salle Jean Marais du Vésinet le vendredi 23 mars à 20h30

LA BELLE ET LA BELLE
De Sophie Fillières
Avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud
Comédie, France, 2017, 1h35

Margaux, 20 ans, fait la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s’avère qu’elles ne forment qu’une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie…

Dans « Camille redouble », de Noémie Lvovsky, une femme adulte se retrouvait, soudain, projetée au cœur de son adolescence, un quart de siècle auparavant. Sophie Fillières, diplômée de la Fémis la même année que Lvovsky, explore une piste voisine : Margaux, 45 ans, rencontre une jeune fille (Margaux aussi) qui n’est autre qu’elle-même, avec vingt ans de moins. Par-delà le cousinage générationnel, les deux films, très différents, montrent l’étendue du nuancier offert à une cinéaste qui s’essaie au fantastique : il peut imprégner profondément le scénario (« Camille redouble ») ou l’infuser délicatement, comme ici. On suit d’abord en alternance la Margaux mature (Sandrine Kiberlain), prof d’histoire-géo lyonnaise, en congé sabbatique, et la Margaux juvénile (Agathe Bonitzer), Parisienne qui expérimente, sans précaution, les possibles de son âge. Mais le film trouve le ton avec la première rencontre effective des deux femmes, dans une belle scène au miroir digne de Blake Edwards, où leurs mots et leurs gestes riment irrésistiblement, malgré leur dissemblance.
Qu’ont-elles à se dire, ces deux Margaux qui n’en font qu’une ? La plus jeune a sans doute à apprendre de ¬l’expérience de l’autre. La plus mûre a peut-être besoin de faire la paix avec une part ancienne d’elle-même. Mais rien n’est formulé explicitement. La confrontation, très finement dialoguée, est ramenée à des situations quotidiennes, aux détails concrets d’un voyage en TGV ou d’un séjour à la neige. Le surréalisme de la situation, ainsi minoré, n’en est que plus savoureux. Et Sandrine Kiberlain (qui avait débuté avec Sophie Fillières dans un court métrage fameux, « Des filles et des chiens ») demeure l’interprète idéale de cette étrangeté familière, discrètement cocasse.
L’arrivée du personnage masculin (Melvil Poupaud, tout en charme fêlé) lance un défi supplémentaire à la raison cartésienne : il est à la fois l’amour de jeunesse de Margaux quadragénaire et l’amant momentané de la ¬nouvelle Margaux. Avec ce trio sans logi¬que, le film gagne pourtant en profondeur, devient une réflexion émouvante sur la persistance des sentiments et le poids variable des années. L’équation triangulaire paraît d’abord insoluble, mais, après un ultime rebondissement, aussi fugace que frappant, la solution s’imposera, grâce à une mise en scène lumineuse… Idéalisme et style vont, parfois, bien ensemble.
Par Louis Guichard (Télérama)

Biographie de Sophie Fillières
Comme Noémie Lvovsky, Solveig Anspach ou Emilie Deleuze, Sophie Fillières est issue de la première promotion de la Femis, section réalisation (de 1986 à 1990). Dans le cadre de la prestigieuse école, elle tourne plusieurs courts métrages (« L'Insu », « Antoine facteur », « La Fille du directeur et la correspondante anglaise »...). En 1991, elle signe un court très remarqué, « Des filles et des chiens » (Prix Jean-Vigo), conversation comico-existentielle entre deux jeunes filles, interprétées par les débutantes Sandrine Kiberlain et Hélène Fillières. Dans les années 90, elle collabore au scénario de films réalisés par la jeune génération du cinéma français (« Nord », « Oublie-moi », « Sombre »).
En 1994, elle passe au long métrage avec « Grande petite », sélectionné à Berlin en 1994, ou l'histoire d'une jeune fille (Judith Godrèche) qui trouve dans la rue un pistolet et une forte somme d'argent. Titre énigmatique, situation insolite, personnage central féminin : voilà déjà quelques constantes de l'univers de Sophie Fillières. Par la suite cependant, la dimension comique sera plus marquée. Dans « Aïe » (2000), elle offre à sa soeur un beau personnage de fille fantasque qui donne du fil à retordre à André Dussollier. En 2005, Emmanuelle Devos campe Fontaine Leglou, l'héroïne borderline de « Gentille », le troisième opus de la réalisatrice. Et c'est Chiara Mastroianni qui incarne l'écrivain en mal d'inspiration de « Un chat un chat », comédie d'auteur sur le pouvoir du langage.

CINE-CLUB AU CENTRE D'ART ET DE CULTURE DE MEUDON

Jeudi 15 mars 2018 à 20h30

LE CIEL PEUT ATTENDRE

De Ernst Lubitsch
Avec Gene Tierney, Don Ameche, Charles Coburn, Louis Calhern, Laird Cregar, Eugene Pallette, Spring Byington
USA, 1946, couleurs, 1h52

SYNOPSIS
Juste après sa mort, Henry Van Cleve, persuadé de mériter le feu éternel, se présente auprès du Diable et sollicite son entrée en enfer. Celui-ci, charmant mais débordé, semble incertain du sort à réserver à son visiteur et prend le temps d’écouter son histoire. Ou plutôt celle des femmes de sa vie. L'homme évoque en effet sa vie bourgeoise, personnage exalté et cabotin, d'une mauvaise foi confondante, s'arrêtant sur les divers écarts à la morale qui ont jalonné son parcours. Lucifer, après l’avoir entendu, juge qu’il sera plus à sa place « en haut » avec ceux qu’il a aimés.

"Même si le ton primesautier, voire grinçant, de ce film ne déparerait pas la collection des chefs-d'œuvre lubitschiens, sa stylisation (le côté fable moraliste, les décors irréels et surdimensionnés) appartient presque plus à l'univers de Frank Capra qu'à celui du cinéaste allemand. Elément symptomatique : le récit en flash-backs, grâce auxquels le héros analyse, pèse le pour et le contre dans son attitude à l'égard des femmes, qu'il juge coupable. Exemple : sa femme Martha (la splendide Gene Tierney) l'ayant quitté, il croit être l'unique responsable de leur séparation, celui qui a provoqué l'irréparable. En fait, il s'avère qu'il n'en est rien, que depuis le début de leur relation ¬ et malgré la constante générosité d'Henry ¬, Martha n'a pas été d'une grande honnêteté quant à ses sentiments. Comédie, certes, mais douce-amère, où Lubitsch ne se prive pas de ses effets de style habituels, de sa fameuse "touche", consistant par exemple en un emploi audacieux de l'ellipse. Voir la scène où, sans prévenir, il fait franchir vingt ans à ses protagonistes d'un coup de baguette magique. Cela dit, tout bien pesé, l'utilisation dérangeante de la couleur (à laquelle Lubitsch ne recourut que deux fois), le caractère trop hybride du film, et sa construction trop artificielle, incitent à le classer non pas parmi les œuvres mineures, mais parmi les baroques, les bancales. "Nobody's perfect" comme disait Billy Wilder. Tout est relatif : un "petit" Lubitsch équivaut à dix chefs-d'œuvre d'un cinéaste ordinaire."
 
(Vincent Ostria pour Les Inrockuptibles)

« L'amour des hommes » à l'Institut du Monde Arabe

Le 20 février 2018 à 20h00

"L'AMOUR DES HOMMES" de Mehdi Ben Attia
France/Tunisie, 2017, 1h45
Scénario : Mehdi Ben Attia, Martin Drouot
Image : Antoine Parouty
Son : Dana Farzanehpour
Montage : Raphaël Lefèvre
Décors : Rauf Helioui
Musique : Karol Beffa
Mixage : Nathalie Vidal
Interprètes : Hafsia Herzi, Raouf Ben Amor, Haythem Achour, Sondoss Bel Hassen

SYNOPSIS
Tunis, aujourd’hui. Amel est une jeune photographe. Quand elle perd son mari, sa vie bascule.
Encouragée par son beau-père, elle reprend goût à la vie en photographiant des garçons de la rue.
Sans craindre d’être scandaleuse, elle fait le choix de regarder les hommes comme les hommes regardent les femmes.

BIOGRAPHIE
Né à Tunis en 1968, Mehdi Ben Attia fait des études d’économie et de sciences politiques à la Sorbonne à Paris.
Il collabore à l’écriture de plusieurs scénarios, Loin d’André Téchiné (2001), Sweet Home, documentaire de Fatma Chérif, Impardonnables d’André Téchiné (2011), avant de réaliser son premier long métrage, Le Fil, en 2010. Puis il réalise Alter Ego (2011) et Je ne suis pas mort (2012), sélectionné au festival de Berlin en 2013.

LES FOURBERIES DE SCAPIN au TMG de Gagny

Le dimanche 14 Janvier à 14 heures

Après le succès de la première saison, la Comédie-Française revient avec une saison 2017-2018 placée sous le signe des grands auteurs français. Au rendez-vous, Molière, à vivre en direct de la Salle Richelieu : Les Fourberies de Scapin. Du grand théâtre sur grand écran !
Diffuser des pièces de théâtre au cinéma, c'est permettre à ceux qui n'ont pas ou peu l'occasion d'aller à la Comédie-Française de découvrir le théâtre en le parant des codes du cinéma.

Les Fourberies de Scapin de Molière
Mise en scène : Denis Podalydès
Scénographie : Éric Ruf
Costumes : Christian Lacroix
Lumières : Stéphanie Daniel
Son : Bernard Valléry
Maquillages : Véronique Soulier-Nguyen
Collaboration artistique et chorégraphique : Leslie Menu
Assistanat à la mise en scène : Alison Hornus
Assistanat à la scénographie : Dominique Schmitt

Avec :
Bakary Sangaré (Silvestre)
Gilles David (Argante)
Adeline d'Hermy (Zerbinette)
Benjamin Lavernhe (Scapin)
Claire de La Rüe du Can / Pauline Clément (Hyacinte en alternance)
Didier Sandre (Géronte)
Julien Frison (Octave)
Gaël Kamilindi (Léandre)
Maïka Louakairim (Carle)
Aude Rouanet (Nérine)
SYNOPSIS
Octave et Léandre voient leurs amours contrariées par leurs pères, très autoritaires, qui rentrent de voyage avec la ferme intention de les marier à des inconnues. Ils remettent leur destin entre les mains du rusé Scapin, habité d’une folle envie de revanche…
Coups de bâton, avalanche de stratagèmes et autres fourberies rythment cette pièce de
Molière qui a fini par s’imposer comme une oeuvre incontournable du dramaturge.
Denis Podalydès revient en tant que metteur en scène Salle Richelieu avec « Les Fourberies de Scapin » qui, jouées plus de 1500 fois par les Comédiens-Français, n’ont pourtant pas fait l’objet d’une nouvelle production depuis vingt ans.
Il aime l’idée d’une « pièce de troupe, écrite non pas pour la Cour mais pour le peuple », créée en 1671 au Palais-Royal pendant une période de travaux. Molière est alors libéré des contraintes des comédies-ballets et des comédies à machine : c’est du « théâtre pur » qui offre au metteur en scène une grande liberté d’action.
La scène se passe à Naples, porte ouverte à l’imaginaire maritime, tendue vers l’Orient. Face à deux pères autoritaires, deux fils aux amours contrariées s’en remettent au rusé Scapin, habité d’une folle énergie de revanche, double de Scaramouche, acteur italien à la vie aventureuse que Molière admirait : « à vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m’en veux mêler. » Si le valet bouffon reçoit des coups de bâton, et en rend notamment dans la célèbre scène du sac, Denis Podalydès rappelle qu’il tire son nom du verbe italien scappare qui signifie « s’échapper », « s’envoler ». S’ensuit alors, dans un climat de demandes de rançons et de contrariétés paternelles, une avalanche de stratagèmes et autres fourberies que l'auteur excellait à peindre.

Avant-première de « Zéro phyto 100 % bio » en présence de son réalisateur

Le 22 novembre 2017 à 15h00 à Sucy en Brie

Après « Insecticide Mon Amour », le réalisateur Guillaume Bodin présente « Zéro phyto 100 % bio », son nouveau documentaire qui sortira sur les écrans le 31 janvier 2018.
Une enquête passionnante sur plusieurs communes françaises qui n’ont pas attendu l’entrée en vigueur le 1er janvier 2017 de la loi Labbé interdisant l’utilisation de pesticides dans les espaces publics pour changer leurs pratiques. Ce film met aussi en avant les pionniers de la restauration collective biologique et leurs partenaires : associations, entreprises, agriculteurs, ingénieurs, artisans qui ensemble contribuent à l’amélioration de la qualité des repas dans les collectivités.
Les associations Générations Futures, Bio Consom'acteurs et Agir Pour l'Environnement sont à l'initiative de ce projet.

conception & réalisation : SHRUTI CLIC