MADAME DE… à Bourg-La-Reine

Le ciné-classic du 2 Novembre

Le ciné-club naît dans les années 1920 sous l'impulsion des amateurs et critiques de ciné qui, déjà, se battent et résistent pour que le cinéma soit reconnu comme un art. Aujourd'hui considéré comme le 7e, le cinéma ne cesse cependant d'être défendu : contre l'industrialisation, pour la sauvegarde des copies, pour la promotion des œuvres oubliées ou méconnues… et c'est tout l'objet du ciné-club.
La ville de Bourg-la-Reine propose des rendez-vous consacrés à de grands acteurs ou réalisateurs qui ont marqué le 7e art. Les projections ont lieu dans l’auditorium du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Bourg-la-Reine.
Dans le cycle "Madame Danielle Darrieux", après « La vérité sur bébé Donge » et « Le plaisir », ne ratez pas le dimanche 2 novembre à 16h…

MADAME DE… (1953) Réalisé par Max Ophuls avec Danielle Darrieux (la comtesse Louise de…), Charles Boyer (le comte André de…), Vittorio De Sica (le baron Fausto Donati).
Durée : 1h40
Synopsis : Paris, 1900. Pressée par une dette de jeu, Madame de…. coquette et frivole femme d'un général attaché au ministère de la Guerre, vend en secret des boucles d'oreilles offertes par son mari. Quelques jours plus tard au cours d'une soirée à l'Opéra, elle fait mine de les avoir perdues. Le général les fait chercher partout et déclenche un petit scandale. Informé de l'affaire par les journaux, le bijoutier va trouver le général et lui raconte tout. Ce dernier rachète les boucles d'oreilles et les offre à une maîtresse, en cadeau de rupture. Arrivée à Constantinople, cette dernière vend le bijou au baron Donati, lequel, nommé ambassadeur à Paris, s'éprend de Madame de… et lui offre les boucles d'oreilles.
Madame de…, pour une fois se sent sérieusement amoureuse. Elle essaie d'oublier cet amour en voyageant. Peine perdue. Le baron lui écrit sans cesse et finit par la revoir. Elle s'empêtre dans des mensonges pour faire croire à son mari qu'elle a retrouvé les boucles et expliquer au baron comment son mari accepte qu'elle les porte. Les deux hommes s'expliquent. Le baron dit à Madame de… qu'il ne peut plus la revoir. Le général oblige sa femme à donner les bijoux à une nièce qui vient d'être mère. Celle-ci les revend et Madame de… les rachète, les considérant maintenant comme des reliques.
Elle s'abîme dans le silence et la maladie. Le général ne peut l'en sortir. "Le malheur s'invente" s'écrit-il. Furieux, il provoque le baron en duel au pistolet et le tue. Madame de.., qui avait donné en offrande les bijoux à la Vierge pour sauver le baron, meurt en devinant l'issue du combat. Le baron Donati s'éloigne de Madame de… Mais celle-ci est enfin touchée par l'amour et sombre dans la prostration. Le général provoque le baron en duel et le tue. Madame de… en meurt, et fait don des diamants pour orner une statue de la Vierge.


Le film est constitué de quatre parties à l'intensité dramatique croissante.
L'unité de la première partie (la frivolité) est donnée par l'omniprésence des boucles d'oreilles. Elles sont, soit montrées, soit objet principal de la conversation des personnages dans onze scènes 1: Les préparatifs matinaux pour la vente, 2: La prière frivole pour la vente, 3: la vente, 4: La déclaration de perte au théâtre déclaration de perte, la recherche dans le carrosse, le gag des portes, la recherche à la maison, le mari susceptible , 5: La 1ère revente au mari du bijoutier, 6: le cadeau d'adieu à la maîtresse, 7: le coucher des époux, 8: le débarquement à Istanbul, 9: La perte des bijoux au jeu, 10 la mise en vente en Turquie, 11: le baron Donati passe en douane avec les bijoux.
La scène du passage en douane indique bien la volonté d'Ophuls de toujours parler de ces boucles: en commençant son plan séquence par ces boucles, il confère à cette scène explicative une valeur symbolique qui en serait dépourvue autrement. Les bijoux symbolisent les échanges superficiels de la société. A noter aussi la séquence d'ouverture constituée de quatre plans qui saisie Madame de… chez elle. Elle débute par un plan séquence de 2mn25, cadrant d'abord la main de Madame de… qui insecte bijoux et vêtements, puis, élargissement le champ par un recadrage à partir de son visage reflété par le miroir, saisit ensuite son cheminement vers la porte. Le second plan intègre une descente d'escalier avec un franchissement de porte, saisit au travers d'une vitre.
Les trois parties suivantes laisseront les bijoux à l'arrière plan pour développer le thème de la passion amoureuse. Dans la première scène, entre Le baron et Madame de.., il n'est plus question des bijoux. Lors de leur réapparition, ils auront changer de sens. Deux magnifiques plan séquences marquent cette partie : dans la chambre de Madame De.., et celui où elle monte les escaliers chez le bijoutier.
La seconde partie (le libertinage) est marquée par les scènes en fondu enchaîné des bals de plus en plus rapprochés dans lesquels se retrouvent les amants. Le dernier bal est l'occasion d'un panoramique qui préfigure la tragédie en isolant les amants.
La troisième partie qui décrit la passion amoureuse est l'occasion d'une scène où les petits mots déchirés se transforment en flocons de neige. Les rares extérieurs en Italie sont très efficaces, de même que le retour dans une calèche. La dernière partie débute par un magistral plan séquence partant du carton d'invitation pour finir par la valse des amants qui sera l'occasion du mensonge fatal.
Cette histoire d'un bijou, d'un mensonge et d'une passion est sans doute l'oeuvre la plus achevée d’Ophuls pour l'équilibre qu'on y trouve entre le classicisme secret du cinéaste (goût pour les intrigues construites et bouclées, retenue et pudeur, sens de la litote) et baroquisme évident. C'est aussi le film d'Ophuls où les partis pris de mise en scène épousent le plus naturellement les idées et la vision du monde de l'auteur. Ophuls haïssait le plan fixe comme contraire à la vie et à la réalité et ce film n'en comporte pratiquement pas. Le mouvement qui anime chacune des séquences et l'ensemble de l'oeuvre contient en lui même la réponse que pose constamment l'univers de Ophuls: qu'est ce que la frivolité ? Qu'est ce que la gravité ? Ce mouvement les transforme l'une en l'autre comme il transforme les personnages à chaque instant de leur vie. C'est dans ce mouvement incessant mais qui jamais ne revient en arrière des corps, des impressions, des sentiments, des passions qu'Ophuls a vu la vérité, à la fois superficielle et tragique, de la condition humaine. Intrigue parfaite dans ses circonvolutions et sa netteté, dialogues ironiques et simples, d'une extrême qualité littéraire (adaptation du roman de Louise de Vilmorin), acteurs sensibles et raffinés, photo superbement contrastée, décors au foisonnement débouchant sur l'abstrait: jamais autant qu'ici Ophuls n'a dominé sa matière et livré un récit complètement détaché de lui et qui est en même temps une confession intime.
Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films

Ciné-concert à Bondy le 3 octobre à 20h

"Gange. De 4000 mètres à 0 mètre"

L'association "des histoires qui font rêver" et le cinéma André Malraux ont le plaisir de vous présenter un film de Benoît Engrand avec la musique en direct de Amanat Ali Kawa et ses musiciens.

En partant de sa source à Gaumuk jusqu’au delta à Ganga Sagar Island, 2500 km en aval, le fleuve GANGE donne toute sa force à la vie, à la spiritualité, à la terre.
Cependant il n’échappe pas à l’impact négatif dû à l’activité humaine, étant à ce jour un des fleuves les plus pollués de la planète. Sur toute son étendue, jalonnent des hauts lieux de l’hindouisme où viennent se rassembler pèlerins, dévots, habitants et visiteur du monde entier.

A la frontière du documentaire et grâce à une technique et une approche synthétique laissant place aux faits, ce film sans ajout de parole, s'inscrit dans la pure lignée du cinéma direct. Ce mode de filmage proche de la photographie fût développé entre autre par Jean Rouch, Richard Leacock, Frédéric Wiseman et Raymond Depardon.
Ici le regard de Benoit Engrand se pose sur les rives du Gange. Explorateur de l'âme humaine et observateur solitaire, il jalonne le paysage audiovisuel de ses créations, multiples facettes d'un miroir ou chacun de nous se reflète. A côté de cette poésie visuelle, vient s’installer la généreuses musique d'Amanat Ali Kawa entre répertoire traditionnel et composition originale prolongeant le chemin le long de ce fleuve. Une expérience nouvelle offrant à notre âme un voyage intérieur et un instant de sérénité.

Pour en savoir encore plus: http://www.deshistoiresquifontrever.fr/Des_histoires_qui_font_rever/Gange.html

"SILS MARIA" en Sortie Nationale au Vésinet

Le 20 août 2014 au cinéma Jean Marais

Drame. France.Réalisé par Olivier Assayas. Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz. 2h03

Synopsis: Tout commence dans un train. Accompagnée de Valentine, son assistante (Kristen Stewart), l'actrice Maria Enders (Juliette Binoche) se rend à Zurich pour y recevoir un prix. Ou plutôt pour y représenter le lauréat, le dramaturge allemand Willem Melchior. Vingt ans auparavant, Maria Enders avait triomphé au théâtre en interprétant Sigrid, le personnage d'une de ses pièces, une jeune fille au charme trouble qui conduit au suicide Helena, une chef d'entreprise plus âgée qu'elle.


Est-ce un hasard si Olivier Assayas a choisi le titre "Sils Maria", petite ville au cœur des Alpes Suisses rendu célèbre par la présence de Nietzsche? Critique, auteur de plusieurs livres sur le cinéma, on se doutait bien que le cinéaste aurait un jour envie de s'attaquer à l'un de ses thèmes favoris : les rapports entre les processus de création et la réalité.
Ainsi est le seizième film d’Olivier Assayas. Il avance, léger et inexorable, entre les cimes de grands thèmes cent fois abordés par la littérature ou le cinéma, et ici reconfigurés. Le phénomène nuageux, on l’appelle «le serpent de Maloja», du nom du col où il se forme. "Le Serpent de Maloja" est aussi le titre d’une pièce de théâtre, signée d’un grand écrivain et qui a révélé, il y a vingt ans, une grande actrice. Elle s’appelle Maria Enders.
La très jeune actrice Juliette Binoche est apparue dans la lumière en 1985 grâce à un film écrit par Olivier Assayas et André Téchiné, et réalisé par ce dernier, "Rendez-vous". Val est interprétée par Kirsten Stewart,qui se révèle ici une actrice exceptionnelle de finesse et de maturité, elle sert de doublure pour les répétitions à une autre jeune actrice, Jo-Ann, dont le monde de célébrité ressemble trait pour trait à l’existence publique de Kirsten Stewart, entre Twilight et tornades de ragots en ligne sur sa vie sexuelle et ses transgressions complaisamment étalées.
Ces thèmes, qui concernent aussi bien le rapport de chacun à lui-même, à sa propre image, à sa jeunesse et à son vieillissement, que les interrogations sur la fiction, la possibilité d’occuper l’existence d’un(e) autre, sur ce que signifie, pas seulement au théâtre et au cinéma mais là aussi, tenir un rôle, le film les tresse ensemble.
Source: Le Monde, Slate.

Université Populaire Averroès de Bondy 2014-2015

Le cinéma André Malraux présente le cycle : (H)éros et cinéma

« Nous voulons faire des hommes libres, des hommes de jugement sain, et donner à tous l’habitude de la réflexion et de la critique. »
Ainsi s’exprimait Gabriel Séailles lors de sa conférence à l’occasion de l’inauguration de l’Université Populaire du Faubourg Saint-Antoine le 8 octobre 1899. Depuis 2009, la Ville de Bondy partage la même ambition. Chaque année, des intervenants, chercheurs, enseignants et professionnels, viennent partager leurs réflexions et l’objet de leurs recherches avec leurs auditeurs dans un climat amical marqué par l’esprit de tolérance.

Céline Scemama est l’intervenante du cursus cinéma. Maître de conférence à l'université de Paris 1 La Sorbonne, elle enseigne l'analyse de film, l'histoire du cinéma, la sociologie des cinéma , le récit au cinéma et son esthétique. Elle a en autre travaillé sur l’œuvre de Michelangelo Antonioni et Jean-Luc Godard.

Cette année le thème abordé à travers quelques œuvres de l'histoire du cinéma, sera celui du héros dans sa dimension érotique. Le héros radieux, puissant, débordant d'énergie, rappelant le dieu de la mythologie grecque Éros. Les héros du cinéma apparaissent de manière spécifique à l'écran, l'exposition de leur corps, leurs gestes, leur regard, leur voix, une force qui peut pousser le personnage parfois jusqu'à la perversion, à la maladie. Cette approche du cinéma permettra de voir comment l'être humain se dessine et évolue à travers le prisme d’Éros.

Nous croiserons sur ce thème des réalisateurs tels que H.Hawks, A.Hitchcock, M.Antonioni, J.Ford, P.P.Pasolini…

LE MAGHREB DES FILMS A L’INSTITUT DU MONDE ARABE

Du 20 au 25 novembre 2013

Une sélection de 19 films dans le cadre d’un partenariat avec le Maghreb des films en faveur de la promotion des cinémas franco-maghrébins.
L’Algérie et de sa diaspora, seront présentés en ouverture avec le nouveau film de Merzak Allouache "Les Terrasses", ainsi que "Les Jours d’avant" de Karim Moussaoui, révélé lors du dernier Festival de Locarno. Avec élégance, il met en scène deux adolescents amoureux qui tentent d’inventer leur espace de liberté dans le contexte des dures années de guerre civile (années 90).
Autre perle de cette édition, le documentaire de l’Algérien Damien Ounouri, Fidai. La confession de Mohamed El Hadi Benadouda, qui raconte ses années de combat au sein du FLN et la violence, incontournable, qu’il a dû épouser.
Du Maroc seront présentés en avant-première le film qui a reçu le Grand Prix du Festival de Tanger, "Zéro", de Nour-Eddine Lakhmari (2013), un thriller soft avec anti héros dans la plus pure tradition du genre ; "C’est eux les chiens" de Hicham Lasri, l’histoire de Majhoul, emprisonné en 1981 pendant les émeutes du pain au Maroc ; "Dance of Outlaws" de Mohamed El Aboudi, un magnifique documentaire primé à Locarno cette année, le portrait d’une femme devenue mère suite à un viol à 16 ans, et qui, rejetée par sa famille, lutte pour la vie.
De Tunisie, coup de chapeau à un jeune cinéaste émergeant, Walid Tayaa, l’auteur de "Boulitik", un court métrage brillant sur trois moments, trois personnages interpellés, bousculés par la révolution tunisienne en marche, ainsi que "Journal d’un citoyen ordinaire", un film très poétique où Walid revient sur son enfance et ses parents. A noter du même réalisateur un documentaire-portrait sur Dorra Bouzid, qui retrace le parcours de cette militante et de ses combats.
En clôture, dans le cadre du 30ème anniversaire de la marche des beurs en 1983, "La Marche" de Nabil Ben Yadir, une comédie dramatique qui réunit Jamel Debbouze et Olivier Gourmet.

Programme complet sur :
http://www.imarabe.org/page-sous-section/programme-des-rencontres-du-maghreb-des-films

conception & réalisation : SHRUTI CLIC