Le jeudi 23 mai 2013 à 20h30
La projection sera précédée d’une présentation du film et suivie d’un moment d’échanges autour d’un verre.
"Noblesse oblige" Comédie noire de Robert Hamer - Angleterre - 1949 - 1h47 - Avec Dennis Price, Alec Guinness, Valérie Hobson.
Renié par sa noble famille à cause de la mésalliance de sa mère avec un roturier, privé de sa part d'héritage, Louis Mazzini d'Ascoyne exécute méticuleusement la sombre vengeance qu'il a imaginée. Il assassine huit membres de la famille d'Ascoyne, se frayant un chemin jusqu'au titre de duc de Chalfont. Les méthodes qu'il emploie révèlent sa personnalité machiavélique et sombrement calculatrice. A force de patience et d'ingéniosité, il décroche la couronne ducale. C'est alors qu'il est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis…
« C'est l'histoire d'une cynique revanche sociale, traitée sur le mode pince-sans-rire de la confession satisfaite. Sous ses airs de dandy au-dessus de tout, le héros blessé n'exécute qu'une tâche de survie : puisque le destin a choisi de happer ses parents dans d'absurdes accidents, il inflige le même sort à son entourage, avec un flegme tout britannique. Cette qualité salutaire est d'ailleurs la seule que Robert Hamer accorde à sa patrie… Chaque membre de la famille d'Ascoyne incarne un pan froissé de la société édouardienne, qui fourmille de militaires corrompus, de pingres suffragettes et d'ecclésiastiques alcooliques…
Alec Guinness a tenu à interpréter la totalité de la famille d'Ascoyne. Le film doit sa célébrité à cette composition multiple et explosive, servie par des dialogues incisifs et absurdes. Un sommet de l'humour noir. »
Télérama - Marine Landrot
«Allez coucher ailleurs » Dimanche 26 mai 2013 à 16h00
En France, les universités populaires naissent dans le contexte de l'affaire Dreyfus. Face à la déraison que manifestent les idées antisémites, face aux passions qui se déchaînent alors, les universités populaires tentent d'apporter une réponse humaniste. Autre élément du contexte : les lois scolaires mises en place par Jules Ferry. Si celles-ci permettent dès lors un enseignement gratuit, elles ne touchent évidemment pas les adultes. Les universités populaires essaient donc dès l'origine de combler cette lacune en s'adressant à un public qui n'a pu bénéficier auparavant de «l'instruction publique». C'est ainsi qu'est née, en 1896, la première université populaire française : « La Coopération des idées », à l'initiative de Georges Deherme et d'ouvriers de Montreuil-sous-Bois.
Dans ce cadre, le cinéma André Malraux propose la projection du film « Allez coucher ailleurs »
Comédie -1949 - États-Unis - VOSTF -1h45 Réalisé par Howard Hawks. Avec Cary Grant, Ann Sheridan, Marion Marshall, Randy Stuart, Bill Neff, King Donovan, Charles B. Fitzsimons, Robert Stevenson, Otto Waldis, Robert Adair, Mark Baker, Michael Balfour, Estelle Brody, André Charlot, Russ Conway.
Après la seconde guerre, les troupes alliées occupent l’Allemagne et participent à la reconstruction du pays. Un capitaine de l’armée française, nommé Henri Rochard (Cary Grant), doit partir en mission avec la jeune et frétillante Catherine Gates (Ann Sheridan) qui lui sert d’interprète. Après de nombreuses péripéties, les deux jeunes gens tombent fous amoureux et se marient. Miss Gates est américaine et malheureusement Rochard n’a pas le droit de la suivre aux USA. Elle invente alors un subterfuge loufoque pour que son époux puisse s’embarquer avec elle à bord du navire qui les mènera de l’autre côté de l’Atlantique…
« Ce chef d’œuvre absolu de la comédie, au duo d’acteurs resplendissant et au plus fort de son art, atteint des sommets d’hilarité. A un rythme époustouflant, les gags, les dialogues et les situations comiques défilent en rangs serrés et avec une imagination débordante. C’est un vrai mariage comique auquel le film nous convie, un mariage dont les rôles vont même s’inverser. Cary Grant jouera le rôle de la femme et subira toutes les difficultés qui en découlent, et Ann Sheridan deviendra l’homme, prenant en mains les problèmes et menant le couple avec force décisions. »
Guide des films - Jean Tulard
Le dernier film de Nouri Bouzid, "Millefeuille"
"Millefeuille" Drame - Tunisie - 1h45 - 2013 - réalisé par Nouri Bouzid avec Lofti Ebdeli, Nior Mziou, Souhir Ben Amara et Bahram Aloui.
Tunisie, décembre 2010. Zaïneb est fiancée à un entrepreneur qui habite en France, et dont la mère veut qu’elle porte le hijab. Aïcha, son amie, travaille dans une pâtisserie. Son patron voudrait, lui, qu’elle enlève le voile pour donner une image plus attirante. Les deux jeunes femmes luttent pour leur liberté, alors qu’autour d’elles la révolution gronde, chamboulant toutes les certitudes…
C'est l'histoire de tout un pays que raconte Nouri Bouzid au travers du destin de deux jeunes filles, Zaineb et Aïcha, symboles de la Révolution et de l'avenir de la Tunisie. Toutes deux se battent pour leur indépendance, pour gagner leur liberté. Toutes deux luttent contre les carcans religieux et culturels établis par une société archaïque. Une société qui, alors que le pays est en émoi, hésite encore entre modernité et traditionalisme.
Tourné alors que débute le printemps arabe en Tunisie, "Millefeuille" de Nouri Bouzid retrace les péripéties de deux femmes qui refusent, chacune à sa manière, de se plier aux diktats de la domination masculine. Le film est porté avant tout par la vitalité de ses interprètes, dont Bouzid s’attache à suivre la vivacité et l’insubordination.
Vibrant plaidoyer contre le patriarcat, doublé d’une dénonciation de l’intégrisme montant, le film est un portrait sans concessions d’une Tunisie où les acquis de la révolution sont déjà menacés. C’est dans ce contexte que se pose la question lourdement symbolique du voile.
Nouri Bouzid affirme: «Mon film, comme tous les précédents, dénonce les intolérances, je persiste et je signe!».
Jeudi 16 mai à 20h30 à l’Atrium de Chaville
Lancé en octobre 2011 à l’initiative de la Bibliothèque municipale et de l’Atrium de Chaville, le Club du cinéma Philippe Soupault entend à la fois multiplier les rendez-vous avec les grandes œuvres cinématographiques et honorer la mémoire de Philippe Soupault, co-fondateur du surréalisme, né à Chaville en 1897, et qui fut également un critique de cinéma passionné et passionnant.
Un jeudi par mois pendant 8 mois, le Club du cinéma Philippe Soupault vous donne rendez-vous avec une œuvre majeure de l’histoire du cinéma. Chaque séance comporte une présentation du film et une projection suivie d’un débat animé par Didier Albessart ou Elisabeth Bourdet, directrice de la Bibliothèque, diplômée de la Femis.
« L’argent de la vieille » réalisé par Luigi Comencini - Italie - 1972 - 1h58 avec Bette Davis, Alberto Sordi, Silvana Mangano, Joseph Cotten - Titre original : lo sconpone scientifico.
Une vieille milliardaire américaine, sillonne le monde au gré de sa fantaisie et, dans chaque pays, elle se plaît à affronter les gens des bidonvilles dans de grandes parties de cartes pour prouver qu'elle est riche parce qu'elle est plus astucieuse. En quelque sorte, sa fortune serait méritée. Son jeu préféré est la scopa, jeu de mémoire et de réflexion.
Mais la donne est faussée, précisément parce qu'elle est très riche. Comme il s'agit d'un jeu d'argent et qu'à chaque fois elle double la mise, elle est certaine au final de pouvoir poursuivre indéfiniment, et donc de gagner de manière écrasante.
Peppino et Antonia sont ses adversaires, mais également serviteurs, amis, dans une interminable partie à épisodes où tout un bidonville de Rome se cotise pour défier la vieille.
Entretien avec Laurent Firode le lauréat du Prix du Public
De gauche à droite : Didier Albessart, Laurent Firode et les deux comédiens du film Jean-Michel Marnet et Patrick Dross
Palmarès 2013 :
Prix du Jury à « Bad Toys II » de Nicolas Douste et Daniel Brunet
Prix du Public à «La mort du Père Noël » de Laurent Firode
http://www.laurentfirode.com/Films/La_mort_du_pere_Noel_-_Laurent_Firode.html
Bravo à Didier Albessart, président du Ciné-Club de Vélizy-Villacoublay, et à toute son équipe! Une fois encore ils ont su combler les attentes du public avec une programmation diversifiée, empreinte de poésie, d’action et d’humour. Pour cette 25ème et triomphale édition (la salle était pleine à craquer), le public a voté pour « La mort du Père Noël », désopilante comédie réalisée par un vieux routier du court.
« La mort du Père Noël » reste dans la lignée des films à tiroirs de Laurent Firode. « La Nuit est belle » mettait déjà en scène un suicide manqué qui provoquait une série de quiproquos, « Les Astres » racontait l'histoire d'une nuit en flash-back, les destinées de six couples reliées entre elles par des objets ou des faits insignifiants comme une pièce de monnaie, une botte, un cri dans la nuit. Ici, à la suite de quelques malencontreux hasards, chacun est persuadé d’avoir tué un Père Noël. Son premier long reste d’ailleurs dans le même univers. En effet, Laurent Firode réalise des longs métrages depuis 1999. On se souvient du « Battement d’ailes du papillon » avec Faudel et Audrey Tautou, de « Quartier VIP » avec Johnny Hallyday ou encore de « Par amour » avec Valérie Mairesse. Mais pourquoi diable revenir au format court ? Je lui ai posé la question au bar du Ciné-Club de Vélizy-Villacoublay, juste après la proclamation du palmarès. Son prix du public est posé sur la table. Il est minuit. Il a commandé un café.
Laurent Firode : Je vous l’accorde, ma démarche est atypique. On pourrait même l’interpréter comme un retour en arrière. Mais le court métrage est pour moi comme une fenêtre qu’on ouvre pour respirer. Un espace de totale liberté. Une bulle où on peut s’amuser entre amis. J’aime aussi la neutralité du public qui vient voir ces films. Il n’y a pas de stars, personne n’a lu ou entendu la moindre critique. Les gens s’assoient dans la salle et découvrent un moment de cinéma, en toute innocence, presque comme des enfants.
Franck Prunier : Quel est le coût de cette bouffée d’oxygène ?
LF : N’importe qui aujourd’hui peut s’essayer au film court. Rendez-vous compte, j’ai tourné « La mort du père Noël » pour trois cents euros ! Il y a trente-cinq ans, quand j’ai commencé à tourner des films d’animation en pâte à modeler, trois minutes de pellicule Super 8 coûtaient quelque chose comme trente ou quarante euros !
FP : Ces films image par image, tu les réalisais seul ?
LF : Au début oui. Tout seul, à la maison. Et puis j’ai remporté un prix. Ca m’a donné envie de m’investir avec des pros. J’ai commencé par travailler avec des étudiants en cinéma à l’école Louis Lumière. Très mauvaise expérience. Ils ont littéralement massacré mon projet. Alors j’ai fait des stages. Et puis j’ai fondé l’Atelier du film.
FP : Une maison de production ?
LF : Pas exactement. Il s’agissait plutôt de fournir les moyens techniques et humains à des réalisateurs de courts métrages débutants.
FP : Cette fois tu peux te lancer dans la réalisation ?
LF : Oui, et mes courts métrages se vendent bien.
FP : A la télévision ?
LF : Pas seulement. J’ai aussi remporté plusieurs prix au CNC.
FP : Comment es tu passé au long métrage ?
LF : Nous sommes en 1998. Des producteurs viennent me voir. Ils faisaient partie du jury du CNC et avaient repéré mes films courts. Mon premier long naîtra de cette rencontre, c’est « Le battement d’ailes du papillon », sorti en 2000. Depuis j’ai réalisé une dizaine films, pour le cinéma et la télévision, le dernier étant « Midi et soir » avec Roland Magdane et Daniel Russo.
FP : Le court métrage reste donc un bon moyen de se faire connaître et d’accéder à la cour des grands ?
LF : J’en suis la preuve vivante.
FP : Des projets pour 2013 ?
LF : Une série pour France 3, et puis un long métrage qui devrait s’intituler « Les vrais gens ».
FP : Et côté court ?
LF : Je vis à Barbès, quartier animé et néanmoins très peu filmé. Je vais y tourner une histoire. Ca s’appellera « Barbès comedy ».
FP : A t’écouter, on a le sentiment que tu te ressources dans le court métrage, que tu y puises l’énergie qui te sera nécessaire pour supporter la pression sur les longs.
LF : On peut le dire comme ça. Ce qu’il y a de certain, c’est que j’ai écrit et réalisé plus de trente courts métrage. Et que je n’ai pas l’intention de m’arrêter.
Propos recueillis par Franck Prunier
samedi 6 et dimanche 7 avril
L'espace Jean-Marie Poirier vous présente « le week du doc » une sélection de 5 films sur le thème de la création dans l’art
Samedi 6 avril à 15h00 "Jean Michel Basquiat : the radiant child"
Documentaire américain - 2010 - 1h 28- réalisé par Tamra Davis, avec Julian Schnabel, Larry Gagosian, Bruno Bischofberger
Pionnier de l’art contemporain par sa renommée et l’abondance de son œuvre, Jean-Michel Basquiat a produit une œuvre des plus riches en un temps très court. Tamra Davis, rend ici hommage à l’artiste qu’elle a très bien connu grâce à des images et entretiens inédits issus de ses propres archives. Un documentaire incontournable sur l’itinéraire d’un enfant de New York.
Samedi 6 avril à 17h30 "Tomi Ungerer l’esprit frappeur"
Documentaire américain- 2012 - 1h38 - réalisé par Brad Bernstein avec Tomi Ungerer, Maurice Sendak, Jules Feiffer
L'esprit Frappeur dresse le portrait d’un personnage fascinant, figure hors du commun qui n’a eu de cesse de bousculer les conventions sociales à travers son œuvre. Le film retrace le parcours chaotique, baroque et tumultueux de l’un des plus grands illustrateurs contemporains.
Illustrateur de presse, de livres pour enfants, de publicités commerciales et de posters militants, en tout domaine l’inventivité foisonnante de Tomi Ungerer s’est imposé.
De l’Alsace nazifiée à l’Europe réconciliée, du Paris existentialiste au New York beatnik et de la Nouvelle-Ecosse aride et désolée au retour à Strasbourg, berceau de son enfance, le parcours de ce créateur de génie, tour à tour tendre et provocant, n’a cessé de dessiner des espaces de liberté, embrassant les questionnements et l’absurdité du XXème siècle pour mieux les dénoncer.
Samedi 6 avril 21h "Gerhard Ritcher Painting"
Documentaire allemand -2012 - 1h37- réalisé par Corinna Belz Avec Gerhard Richter
Habituellement peu enclin aux médias, Gerhard Richter a ouvert son studio à Corinna Belz pendant plus de six mois, alors qu’il travaillait à la réalisation d’une série de grandes peintures abstraites. Interrogeant le processus de création de l’artiste allemand, la réalisatrice nous permet d’approcher au plus près le travail d’un des plus grands peintres contemporains, qui défie la photographie à travers ses peintures.
Dimanche 7 avril 15h "Dessine toi"
A partir de 6 ans
Documentaire français - 2011 - 1h10- réalisé par Gilles Porte
Le crissement d'un feutre noir fait écho à des enfants du monde entier qui s'appliquent à faire leur autoportrait. A l'instar du dispositif mis en œuvre par Georges Clouzot dans "Le Mystère Picasso", Gilles Porte filme des enfants qui ne savent ni lire ni écrire en train de se dessiner librement "de l'autre côté" de la vitre.
Élans de créativité, réflexion, panne d'inspiration, larmes, rires. Dessine-toi… donne à partager la grâce de "l'enfance".
Dimanche 7 avril 17h30 "Marina Abramovic : the artist is present"
Documentaire américain – 2012 - 1h46 - réalisé par Matthew Akers avec Marina Abramovic, Ulay, Klaus Biesenbach
Marina Abramovic redéfinit l'art depuis près de quarante ans. Utilisant son corps comme médium, dépassant ses propres limites - quitte à risquer sa vie - elle crée des performances qui choquent, provoquent et émeuvent.
Alors qu'elle se prépare pour l'un des événements majeurs de sa carrière, une rétrospective au Moma de New York, Marina va enfin pouvoir répondre à la question qui lui est posée sans relâche: en quoi est-ce de l'art?