CINE-CLUB AU CENTRE D'ART ET DE CULTURE DE MEUDON

Jeudi 21 mars 2019 à 20h30

LA COMTESSE AUX PIEDS NUS
De Joseph L. Mankiewicz
Avec Humphrey Bogart, Ava Gardner, Rossano Brazzi, Edmond O’Brien, Valentina Cortese, Marius Goring, Robert Christopher
Drame, USA, 1955, 2h08

SYNOPSIS
A l’enterrement de la comtesse Torlato-Favrini, sous une pluie battante, Harry Dawes se souvient… Engagé par le producteur Kirk Edwards pour réaliser un film, ils découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid. La danseuse devient alors Maria Vargas, une star hollywoodienne adulée. Mais celle-ci se sent terriblement seule et rêve d’une autre vie…

« Indépendant des grands studios pour la première fois de sa carrière, le cinéaste Joseph L. Mankiewicz se lance en 1953 dans l’écriture d’un conte moderne, version désenchantée de Cendrillon se déroulant dans le milieu du cinéma. Alors que tout était réuni pour faire de La comtesse aux pieds nus une banale success story, l’auteur pervertit toutes les règles du genre et détourne l’univers féérique au profit d’une analyse cinglante de la société contemporaine gangrénée par l’argent. Débutant par l’enterrement de la star, Mankiewicz place immédiatement son œuvre sous le sceau de la fatalité et de la tragédie. Ensuite, par une savante construction, il passe d’un témoin des funérailles à l’autre pour conter de manière partiale et subjective le destin de cette jeune femme, découverte à Madrid par un producteur ambitieux. Devenue star, elle devient l’objet de tous les désirs (avec de fortes connotations sexuelles), mais refuse systématiquement toutes les avances, aussi bien des producteurs que de ses fans. Furieusement indépendante, cette icône finit par être envoutée par un prince charmant, avant de tomber de haut lors d’une révélation finale aussi cruelle que tragique.
Au passage, Mankiewicz en profite pour égratigner successivement trois mondes différents : celui du cinéma où l’argent facile permet à certaines personnes de soumettre les autres à leur volonté ; celui de la jet set où la vulgarité des parvenus dissimule mal leurs origines roturières et enfin celui de la vieille noblesse européenne sur le déclin. L’auteur dessine ainsi le portrait d’une société en pleine mutation, de plus en plus individualiste. Mine de rien, il évoque avec finesse et doigté des thèmes extrêmement périlleux pour l’époque comme l’impuissance masculine et surtout l’indépendance des femmes. Lumineuse et mystérieuse à la fois, Ava Gardner incarne cet idéal féminin avec un magnétisme incroyable. Elle est soutenue par un casting au diapason : Humphrey Bogart trimballe sa silhouette fatiguée avec noblesse, Edmond O’Brien est un magnifique agent de publicité (ce qui lui a valu l’Oscar du meilleur second rôle en 1954) et Rossano Brazzi interprète avec sensibilité un prince pas si charmant. D’une incroyable richesse thématique, ce nouveau chef d’œuvre de Mankiewicz fut un gros succès à l’époque et demeure le rôle le plus emblématique de la sublime Ava Gardner. Du très grand cinéma. »

Virgile Dumez (aVoir-aLire.com)

"Un point de détail dans l’histoire du ballet ?" à l'IMA

Le 25 mars 2019 à 20h00

UN POINT DE DETAIL DANS L'HISTOIRE DU BALLET ?
France/USA/Égypte/Arabie saoudite, documentaire, 2016, 1h58
Réalisation: de Hisham Abdel Khalek
Scénario: Hisham Abdel Khalek
Image: Elliot Storey, Steven Tong, Ismail El Abrass
Montage: Ramy Tadrous
Musique: Remon Sakr
Chants: Amira Selim
Narration: Ashraf Sewailam
Interprètes: Magda Saleh, Diane Hakak, Aleya Abdel Razek, Wadoud Faizy, Nadia Habib, Reda Sheta, Yehia Abdeltawwab, Safwat Gerges, Nelly Karim

SYNOPSIS
Saga extraordinaire de la création d’un corps de ballet classique en Égypte sous les auspices de l’État durant la guerre froide, racontée dans ce documentaire par ses principaux pionniers. La danseuse étoile Magda Saleh et sa troupe se remémorent un demi-siècle d’histoire, depuis la création de la première école nationale de ballet avec des professeurs russes, à ses premiers succès, son déclin, puis sa renaissance actuelle.

Le film a reçu le 3ème prix du documentaire au Fespaco 2017.
Pour en savoir plus: http://afootnoteinballethistory.com/

LE MISANTHROPE au TMG de Gagny

Le dimanche 31 Mars à 17h00

Après le succès des précédentes saisons, la Comédie-Française revient avec une saison 2018-2019 placée sous le signe des grands auteurs: Molière, Shakespeare, Euripide… Du grand théâtre sur grand écran !
Diffuser des pièces de théâtre au cinéma, c'est permettre à ceux qui n'ont pas ou peu l'occasion d'aller à la Comédie-Française de découvrir le théâtre en le parant des codes du cinéma.

LE MISANTHROPE de Molière
Mise en scène et scénographie de Clément Hervieu-Léger
Avec la Troupe et les comédiens de l'Académie de la Comédie-Française
Durée: 3h05 avec 1 entracte

SYNOPSIS
Alceste aime Célimène, une jeune femme mondaine éprise de liberté, mais rejette la société de bienséance à laquelle ils appartiennent. Hanté par un procès dont il redoute l’issue, Alceste se rend chez elle pour solliciter son aide…

Le Misanthrope donne à voir une société libérée de l’emprise parentale et religieuse, dont le vernis social s’écaille lorsque surgit le désir. Poussés à bout par la radicalité d’Alceste, prêt à renoncer à toute forme de mondanité, les personnages dévoilent, le temps d’une journée, les contradictions du genre humain soumis à un coeur que la raison ne connaît point.

Pour en savoir plus: https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/le-misanthrope16-17#

Rencontre avec la réalisatrice Sophie Fillières

A la salle Jean Marais du Vésinet le vendredi 23 mars 2018 à 20h30

LA BELLE ET LA BELLE
De Sophie Fillières
Avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud
Comédie, France, 2017, 1h35

Margaux, 20 ans, fait la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s’avère qu’elles ne forment qu’une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie…

Dans « Camille redouble », de Noémie Lvovsky, une femme adulte se retrouvait, soudain, projetée au cœur de son adolescence, un quart de siècle auparavant. Sophie Fillières, diplômée de la Fémis la même année que Lvovsky, explore une piste voisine : Margaux, 45 ans, rencontre une jeune fille (Margaux aussi) qui n’est autre qu’elle-même, avec vingt ans de moins. Par-delà le cousinage générationnel, les deux films, très différents, montrent l’étendue du nuancier offert à une cinéaste qui s’essaie au fantastique : il peut imprégner profondément le scénario (« Camille redouble ») ou l’infuser délicatement, comme ici. On suit d’abord en alternance la Margaux mature (Sandrine Kiberlain), prof d’histoire-géo lyonnaise, en congé sabbatique, et la Margaux juvénile (Agathe Bonitzer), Parisienne qui expérimente, sans précaution, les possibles de son âge. Mais le film trouve le ton avec la première rencontre effective des deux femmes, dans une belle scène au miroir digne de Blake Edwards, où leurs mots et leurs gestes riment irrésistiblement, malgré leur dissemblance.
Qu’ont-elles à se dire, ces deux Margaux qui n’en font qu’une ? La plus jeune a sans doute à apprendre de ¬l’expérience de l’autre. La plus mûre a peut-être besoin de faire la paix avec une part ancienne d’elle-même. Mais rien n’est formulé explicitement. La confrontation, très finement dialoguée, est ramenée à des situations quotidiennes, aux détails concrets d’un voyage en TGV ou d’un séjour à la neige. Le surréalisme de la situation, ainsi minoré, n’en est que plus savoureux. Et Sandrine Kiberlain (qui avait débuté avec Sophie Fillières dans un court métrage fameux, « Des filles et des chiens ») demeure l’interprète idéale de cette étrangeté familière, discrètement cocasse.
L’arrivée du personnage masculin (Melvil Poupaud, tout en charme fêlé) lance un défi supplémentaire à la raison cartésienne : il est à la fois l’amour de jeunesse de Margaux quadragénaire et l’amant momentané de la ¬nouvelle Margaux. Avec ce trio sans logi¬que, le film gagne pourtant en profondeur, devient une réflexion émouvante sur la persistance des sentiments et le poids variable des années. L’équation triangulaire paraît d’abord insoluble, mais, après un ultime rebondissement, aussi fugace que frappant, la solution s’imposera, grâce à une mise en scène lumineuse… Idéalisme et style vont, parfois, bien ensemble.
Par Louis Guichard (Télérama)

Biographie de Sophie Fillières
Comme Noémie Lvovsky, Solveig Anspach ou Emilie Deleuze, Sophie Fillières est issue de la première promotion de la Femis, section réalisation (de 1986 à 1990). Dans le cadre de la prestigieuse école, elle tourne plusieurs courts métrages (« L'Insu », « Antoine facteur », « La Fille du directeur et la correspondante anglaise »...). En 1991, elle signe un court très remarqué, « Des filles et des chiens » (Prix Jean-Vigo), conversation comico-existentielle entre deux jeunes filles, interprétées par les débutantes Sandrine Kiberlain et Hélène Fillières. Dans les années 90, elle collabore au scénario de films réalisés par la jeune génération du cinéma français (« Nord », « Oublie-moi », « Sombre »).
En 1994, elle passe au long métrage avec « Grande petite », sélectionné à Berlin en 1994, ou l'histoire d'une jeune fille (Judith Godrèche) qui trouve dans la rue un pistolet et une forte somme d'argent. Titre énigmatique, situation insolite, personnage central féminin : voilà déjà quelques constantes de l'univers de Sophie Fillières. Par la suite cependant, la dimension comique sera plus marquée. Dans « Aïe » (2000), elle offre à sa soeur un beau personnage de fille fantasque qui donne du fil à retordre à André Dussollier. En 2005, Emmanuelle Devos campe Fontaine Leglou, l'héroïne borderline de « Gentille », le troisième opus de la réalisatrice. Et c'est Chiara Mastroianni qui incarne l'écrivain en mal d'inspiration de « Un chat un chat », comédie d'auteur sur le pouvoir du langage.

Avant-première de « Zéro phyto 100 % bio » en présence de son réalisateur

Le 22 novembre 2017 à 15h00 à Sucy en Brie

Après « Insecticide Mon Amour », le réalisateur Guillaume Bodin présente « Zéro phyto 100 % bio », son nouveau documentaire qui sortira sur les écrans le 31 janvier 2018.
Une enquête passionnante sur plusieurs communes françaises qui n’ont pas attendu l’entrée en vigueur le 1er janvier 2017 de la loi Labbé interdisant l’utilisation de pesticides dans les espaces publics pour changer leurs pratiques. Ce film met aussi en avant les pionniers de la restauration collective biologique et leurs partenaires : associations, entreprises, agriculteurs, ingénieurs, artisans qui ensemble contribuent à l’amélioration de la qualité des repas dans les collectivités.
Les associations Générations Futures, Bio Consom'acteurs et Agir Pour l'Environnement sont à l'initiative de ce projet.

conception & réalisation : SHRUTI CLIC